Eotopia, un écovillage vegan et presque sans argent, au pays des cigognes en France

À seulement 250 kilomètres de Paris au centre de la France, vivent les 6 résidents d’Eotopia : un écovillage vegan de trois hectares fondé il y presque un an à l’initiative de Benjamin Lesage. Connu pour son voyage sans un sou, il concrétise aujourd’hui son rêve à 32 ans en développant son utopie concrète : une communauté presque sans argent, vegan, en parfaite harmonie avec son environnement et la plus écologique possible. Il a réussi son pari. Découvrez son histoire.

De la plonge chez Quick au voyage puis à l’écovillage sans argent 

C’était il y a maintenant 7 ans. En 2010, Benjamin part avec deux de ses amis d’Hollande jusqu’au Mexique pour expérimenter un voyage sans argent, raconté ici, après avoir travaillé chez Quick en parallèle de ses études. Pendant près d’un an, ils prouvent que partout la solidarité existe encore. Accueillis, logés, souvent nourris à travers 17 pays, ils découvrent de nombreuses cultures et perdent l’attachement à l’argent, qui parait si indispensable dans la société actuelle. Par le troc, l’économie du don, Benjamin tente aujourd’hui de créer son propre écovillage et sensibiliser ses visiteurs à une vie moins matérialiste d’une empreinte écologique minimale.

De façon totalement désintéressée, un peu en free style, une nouvelle vie est organisée au gré des visiteurs d’Eotopia. Le projet a attiré plus de 140 visiteurs de près de 10 nationalités différentes depuis le début. Benjamin leur explique volontiers comment devenir vegan, créer un jardin biologique, en s’inspirant du calendrier de la lune ou encore de la permaculture.

Avec les autres résidents, de 1 à 62 ans, plusieurs activités sont développées : la construction d’une Tiny house avec Roman, l’expérimentation de la vie zéro déchet ou encore des ateliers de réparation de vieux objets afin de leur donner une nouvelle vie avec Lucie.

Aucun horaire ou ordre n’est imposé, tout se faisant en totale liberté et autonomie. Des réunions de ressenti et de méditation collective sont organisées chaque soir pour souder la communauté. Sandrine, résidente, y explique les principes de la communication non violente.

17800471_1254815437965158_3548938511412322452_n
Ada, la plus jeune résidente d’Eotopia

Une éducation libre pour sa fille

Yazmin, 31 ans, la compagne de Benjamin souhaite faire l’école à la maison au village pour sa fille Ada, 2 ans. Elle aimerait créer un réseau avec des enfants non scolarisés dans les alentours. Selon le philosophe Osho et bien d’autres, les enfants élevés en communauté, en contact permanent avec une multitude de cultures, langues et esprits différents, seraient bien plus éveillés et débrouillards que la plupart des enfants élevés dans un schéma classique, d’un papa et une maman dans une maison individuelle.

L’école formate les enfants. Ils y apprennent la violence, le harcèlement. Ce n’est pas ce que je souhaite pour ma fille. Ici, elle apprendra la tolérance, la solidarité et le partage. On veut lui apporter encore plus que l’école. Et puis être mère, c’est à temps complet. Inspirée par le documentaire Être et devenir et par des témoignages de personnes ayant vécu l’expérience, je souhaite m’y dédier jusqu’à ce qu’elle ait l’âge du collège. Après elle sera libre de choisir si elle veut rentrer au collège ou non.

Un mode de vie vegan

À Eotopia, les résidents tendent tous vers le véganisme (ou le végétalisme intégral). C’est-à-dire qu’ils ne consomment pas de produits venant de l’exploitation animale. Produits laitiers, fromages, oeufs, miel ou encore les médicaments testés sur les animaux sont proscris. La protection animale y est primordiale. Ils privilégient ainsi les produits naturels, en grande partie élaborés localement. Pour Lucie, résidente de 24 ans :

J’ai décidé de proscrire les produits venant des animaux pour ne pas financer les responsables de la maltraitance animale. Aujourd’hui, avec la crise écologique, c’est une nécessité de passer au véganisme. La déforestation et l’accaparement des terres pour l’élevage produisent plus d’un tiers des émissions des gaz à effet de serre. Cela a un plus grand impact que tous les moyens de transport réunis.

Un jardin inspiré de la permaculture s’agrandit chaque jour selon le calendrier de la lune autour des habitations. A coups de grelinette et de binette, plus de 40 légumes différents sont cultivés dans le jardin avec ce climat doux et humide. Été comme hiver, il reste productif. Des graines anciennes fournies par l’association Kokopelli permettent d’avoir des légumes avec des propriétés mieux conservées avec plus de vitamines et de minéraux. Les combinaisons qui fonctionnent le mieux ici sont les fraises avec des poireaux et des épinards ou encore la courge avec des haricots et du maïs.

Pour le futur, Eotopia souhaite s’agrandir, avoir plus de résidents et développer le troc avec les projets voisins tels que des producteurs d’aliments biologiques qu’ils ne produisent pas dans la communauté. Ils construiront de nouvelles habitations écologiques lorsqu’ils seront plus nombreux telles que des cabanes rondes en terre crue. La législation française, voulant protéger les espaces ruraux, peut les en empêcher mais ils sont confiants. Benjamin précise :

Construire des habitats écologiques, ici, c’est illégal. Alors que la construction d’un centre commercial, non. Cela nous parait injuste donc nous continuerons notre projet en essayant de nous joindre à la municipalité pour trouver une solution.

Dans un premier temps, une Tiny house sera construite en toute légalité. Découvrez le projet dans cet interview de Sandrine et Roman, les deux résidents d’Eotopia impliqués dans la construction.

Eotopia en images

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

En savoir plus :