Une préface qui inscrit les écovillages dans les grands défis du XXIᵉ siècle
L’ouvrage Régénération : Vivre en écovillage s’ouvre sur une préface de Kosha Joubert, alors directrice exécutive du Global Ecovillage Network (GEN), le principal réseau international des écovillages. Son texte replace les expériences communautaires dans le contexte des défis planétaires que sont le changement climatique, l’effondrement de la biodiversité et la nécessaire transformation de nos modes de vie.
Pour Kosha Joubert, les écovillages ne constituent pas une alternative marginale, mais des laboratoires de solutions où s’expérimentent, à l’échelle locale, des réponses concrètes aux crises globales. Face à un monde confronté à des bouleversements sans précédent, elle souligne que la résilience ne pourra émerger que par le renforcement des liens humains, la coopération et la capacité des communautés à imaginer de nouvelles façons de vivre ensemble.
Préface du livre de Marc Domingos, Régénération : Vivre en écovillage
Stratégies des écovillages – Transformation menée par la communauté dans un monde en changement climatique
Par Kosha Joubert
Directrice exécutive du Global Ecovillage Network (GEN)
« Si nous aspirons à vivre ensemble de manière éthique, nous devons développer des visions pour l’avenir fondées sur la nécessité pour l’humanité et le monde de coexister. Une telle réimagination de notre avenir commun nécessite de nouvelles versions du vivre-ensemble qui soient démocratiques, enrichissantes et respectueuses de notre fragile planète. Le modèle de l’écovillage est une de ces versions : répondre à notre désir inné de communauté tout en créant des modes de vie durables basés sur des principes écologiques. »
— Michael D. Higgins, président de l’Irlande
Nous vivons à une époque très particulière et nous nous réveillons lentement, en tant que famille mondiale, en réalisant que les frontières que nous avons créées sont une illusion. Nous faisons ce voyage ensemble, traçant notre avenir en tant qu’une seule humanité, pour le meilleur ou pour le pire.
Personne ne peut être laissé pour compte. Personne ne peut s’échapper. Le changement climatique ne s’arrête pas aux frontières. Il ne s’arrête ni aux pays, ni aux entreprises, ni aux individus qui portent la responsabilité principale de la combustion des énergies fossiles, pas plus qu’à ceux qui subissent le poids des impacts climatiques.
Essentiellement, le changement climatique nous met au défi d’atteindre un nouveau niveau de compassion et de connexion avec toute forme de vie sur la planète. Il nous met au défi de renouer avec la communauté.
La pression qui s’exerce pour transformer complètement notre présence humaine sur la planète touche chacune de nos vies. Déjà en 2009, le vice-président du GIEC de l’époque, Mohan Munasinghe, évoquant l’importance du rôle des citoyens dans la protection du climat, déclarait :
« Le changement doit venir de la base, simplement parce que l’establishment avance très lentement. »
Alors que des écoliers du monde entier manifestent pour l’action climatique, nous sommes tous appelés à nous demander si, à travers nos comportements et nos modes de vie quotidiens, nous faisons partie du problème ou de la solution.
Face à la complexité de la situation, nul ne sait avec certitude si nous serons capables de renverser la tendance. Notre meilleure contribution consiste peut-être à accepter cette incertitude tout en poursuivant notre engagement collectif.
Une fois engagés sur cette voie, nous découvrons naturellement le pouvoir de la communauté. Lorsque nous construisons autour de nous des réseaux de solidarité et de coopération, nous pouvons mettre en œuvre des changements systémiques qui dépassent largement notre seule sphère d’influence : jardins urbains, souveraineté alimentaire, micro-réseaux énergétiques, covoiturage, restauration des écosystèmes, coopératives d’habitat écologique ou entreprises sociales.
Toutes ces initiatives s’épanouissent lorsqu’elles sont intégrées dans un réseau de relations humaines fortes et dans une conception intelligente de la communauté. Ensemble, nous pouvons libérer notre capacité à prendre soin de la planète.
Le Global Ecovillage Network (GEN), créé en 1995, est une organisation internationale qui célèbre et catalyse le pouvoir des communautés pour construire un avenir régénératif. GEN rassemble des communautés rurales et urbaines, traditionnelles ou intentionnelles, dont beaucoup contribuent activement à la séquestration du carbone.
Les écovillages répondent aux défis mondiaux en mettant en œuvre des solutions locales. Grâce à une combinaison d’innovations contemporaines et de savoirs traditionnels profondément enracinés, GEN constitue un véritable réservoir de connaissances pour une vie durable à l’échelle mondiale.
Le réseau s’appuie sur cinq grandes organisations continentales en Afrique, en Europe, en Amérique du Nord, en Amérique latine et en Asie-Océanie. Ensemble, elles relient près de 10 000 communautés dans 114 pays, dont plus de 5 000 écovillages et éco-projets référencés dans la base de données de GEN.
Nous sommes tous appelés à retrouver notre place sur cette planète. Chaque village, chaque quartier et chaque ville peut devenir un centre de régénération des dimensions sociales, écologiques, économiques et culturelles de la durabilité.
L’une des grandes questions auxquelles GEN cherche aujourd’hui à répondre est la suivante : comment diffuser l’approche des écovillages à grande échelle sans perdre les valeurs fondamentales qui la caractérisent ni l’appropriation locale ?
Merci de nous accompagner dans ce voyage.
Merci, Marc, d’avoir su distiller dans cet ouvrage des solutions et des modèles concrets dans lesquels chacun pourra puiser. Puisse ce livre inspirer de nombreuses personnes, à leur échelle, et ouvrir des chemins pour exprimer pleinement notre attention, notre compassion et notre responsabilité envers la communauté du vivant.
« Nous entrons dans un monde où le besoin de résilience augmente rapidement. Ce besoin peut être mieux satisfait par ceux qui vivent dans la conscience d’eux-mêmes, des autres et de la nature. Les écovillages nourrissent cet alignement en approfondissant l’intentionnalité de vivre nos vies d’une manière qui reflète davantage nos valeurs les plus élevées, pour développer des relations plus authentiques avec ceux qui nous entourent et adopter des comportements plus respectueux de nos frontières planétaires. »
— Christiana Figueres, diplomate costaricienne, ancienne secrétaire exécutive de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques.
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